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Critiques et Opinions

Samedi 16 février 2008 6 16 /02 /Fév /2008 21:59

 

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Par Patrick HURTEBIS - Publié dans : Critiques et Opinions
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Samedi 9 juillet 2005 6 09 /07 /Juil /2005 00:00

Liste de musique:

Bon, après vous avoir épaté avec mon bon gout cinéphile :-) , une petite sélection musicale (Tendance Rock).
Mêmes principes que pour les films (Albums les plus représentatifs ou marquants pour moi mais, en règle générale, le reste de l'oeuvre de ces artistes est intéressant aussi):

Atari Teenage Riot "60 second wipe out"
Bérurier Noir "Macadam Massacre"
Bikini Kill "Pussy Whipped"
R.L Burnside "A Ass Pocket of Whiskey"
Nick Cave "From Here To Eternity"
The Clash "Cut the Crap"
Dinosaur Jr "Bug"
Stephan Eicher "Les Chansons Bleues"
Einstürzende Neubauten "Zeichnungen des Patienten O.T."
Foetus "Nail"
Fugazi "13 Songs"
Gin Palace "Kicking On"
Gun Club "Fire of Love"
Jon Spencer Blues Explosion "Now I Got Worry"
John Mellencamp "Whenever We Wanted"
Pere Ubu "Story of my Life"
Petit Vodo "Monom"
The Pixies "Come on Pilgrim / Surfer Rosa"
Pussy Galore "Dial "M" for Motherfucker"
Royal Trux "Thank You"
Sex Pistols "Nevermind the Bollocks"
Sonic Youth "Bed Moon Rising"
La Souris Déglinguée "1er Album"
Bruce Springsteen "Nebraska"
The Stooges "Raw Power"
Television "Marquee Moon"
Tom Waits "Rain Dogs"

Oh la la, il manque plein de trucs, alors forcément il y aura des mises à jour. Vous avez pas fini d'être admiratif :-)
Et puis, une sélection World, Jazz, Classique etc...
En attendant une liste "Littérature".

Par Hurtebis - Publié dans : Critiques et Opinions
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Mardi 31 mai 2005 2 31 /05 /Mai /2005 00:00

Liste de films:

 

Une liste de films que j'ai aimé, qui m'ont marqué, influencé etc...
Entre parenthèse, le nom du réalisateur.
En règle générale, les autres films de ces réalisateurs valent aussi le coup mais ceux cités ici sont, pour moi, les plus interessants et/ou les plus représentatifs.

La Comédie de Dieu (Joao-Cesar MONTEIRO)
Otesanek (Jan SVANKMAJER)
Careful (Guy MADDIN)
L'Incinérateur de Cadavre (Juraj HERZ)
La Vie des Marionnettes (Ingmar BERGMAN)
Ossos (Pedro COSTA)
Pierrot le Fou (Jean-Luc GODARD)
Le Septieme Continent (Michael HANEKE)
Le Manuscrit Trouvé à Saragosse (Wojciech J. HAS)
Mon 20ème Siecle (Enyedi ILDIKO)
Down By Law (Jim JARMUSCH)
Calamari Union (Aki KAURISMAKI)
L'Idiot (Akira KUROZAWA)
M le Maudit (Fritz LANG)
Un Roi sans Divertissement (François LETERRIER)
Baby Cart, l'Enfant Massacre (Kenji MISUMI)
Roger et Moi (Michael MOORE)
Loulou (G.W. PABST)
Derriere le Miroir (Nicholas RAY)
L'Enfant Miroir (Philip RIDLEY)
Le Chateau de la Pureté (Arturo RIPSTEIN)
La Nuit des Morts-Vivants (Georges ROMERO)
Le Voleur de Bicyclette (Vittorio DE SICA)
Les Vacances de Monsieur Hulot (Jacques TATI)
La Femme Nue et Satan (Victor TRIVAS)
Jules et Jim (François TRUFFAUT)
Johnny s'en va en Guerre (Dalton TRUMBO)
Lisbonne Story (Wim WENDERS)
Le Cabinet du Docteur Caligari (Robert WIENE)

Je rajouterais certainement un additif car il serait étonnant que je n'ai rien oublié.
La Preuve: Ah mais bien sûr, comment ai-je pu oublier:

8 Courts Métrages d'Animation (les Frères QUAY)
La Vieille Dame et les Pigeons (Sylvain CHOMET)
Tu Mi Turbi (Roberto BEGNINI)

Par Hurtebis - Publié dans : Critiques et Opinions
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Dimanche 1 mai 2005 7 01 /05 /Mai /2005 00:00

Sur le cinéma:

 

  Nous n’aimions pas ce cinéma « américain » formaté qui rentrait dans nos vies comme un train entra, un jour, en gare de La Ciotat.

  Nous ne voulions pas de cette industrie, usine à rêve, comme si les rêves pouvaient se fabriquer à la chaîne, comme si un producteur et quelques financiers pouvaient rêver d’autre chose que de dollars.

  Pas de ces bons, ni de ces méchants qui ne vont aux water-closets que pour se faire flinguer, qui ne s’aventurent que pour gagner, qui jouent un rôle et n’en sortent pas, qui s’aiment sur des musiques douces et se déchirent sur les plus grands airs d’opéra. Nous ne voulions pas de ces films où on nous prévient pendant un quart d’heure que quelque chose d’imprévisible va arriver, de ces drames où le héros meurt, de ces comédies où le héros ne meurt pas…

  Nous voulions rire à contretemps et peut-être pleurer quand on ne nous demandait rien, pour rien. Nous ne voulions pas consommer les rêves préparés pour un panel représentatif de spectateurs mais recevoir en pleine gueule les illusions d’un rêveur sans profession, d’un bricoleur, d’un collectionneur de bout de ficelle.

  Nous aimions entrer dans une salle sans savoir ce que nous allions y trouver, courir le risque d’être déçu, courir le risque d’être marqué à vie par un autre, un autre qui nous semblait proche, peut-être parce que différent, parce que lointain, parce qu’indifférent, parce que si proche. Une proximité qui ne devait rien à des calculs mais tout au hasard, le même que celui qui fait que deux être se plaisent, s’aiment et partagent tout.

  Nous ne voulions pas être dragué par un séducteur hollywoodiens qui vend des posters à des adolescentes, ouvre des chaînes de fast-food, entre en bourse et sourit par contrat, casse son image en jouant dans une comédie et empoche deux fois sa mise, comme prévu dans son business-plan.

  Nous aimions l’idée qu’un type sorti de nulle part ou d’un endroit bien réel pose son petit truc, là, pour voir, l’air de rien, comme un cadeau sans prix. Nous aimions ces films confidences, dites par un ami, une connaissance de passage, un inconnu, un ermite ou un voyageur.

  Nous aimions ces gens qui nous offraient leur vie sans avoir rien à y gagner, tout à perdre, à nous qui avions tout à y gagner et si peu à perdre.

  Peut-être parce que nos vies tenaient debout, parce que, la tête pleine de nos rêves, nos existences n’étaient pas pleines d’ennui mais empli de ce vide qui n’appartient qu’à nous, nous n’allions pas dans de grandes salles pour nous distraire, mais dans d’obscures salles pour recevoir ce cadeau.

  Nous n’avions pas peur d’aller voir des trucs cafardeux, pas peur d’aller réfléchir, de risquer de ne rien comprendre à des trucs bizarres, nous préférions cela à des recettes scénaristiques, des rires préenregistrés, des stars fabriquées par un complot de chirurgiens en esthétique et de docteurs en commerce.

  Nous ne voulions pas être distrait mais conscient, tout comme nous ne voulions pas de films consciencieusement formatés, mais des films inconscients, comme un lapsus évidemment révélateur.

  Nous ne voulions pas que l’on nous change les idées, comme d’autres se mentent pour ne rien voir, mais en avoir d’autres pour enrichir les nôtres. Nous ne voulions pas voir notre reflet flatteur dans une glace mais nous confronter aux milles miroirs déformants des idées des autres.

  Parce que nous ne regardions pas dans la même direction que tout le monde, on nous accusait d’être aveugle. Parce que nous n’aimions pas les mêmes chose que tout le monde, on nous accusait de ne rien aimer. Parce que nous ne nous intéressions pas aux mêmes choses que tout le monde, on nous accusait de ne s’intéresser à rien. Pourtant en regardant ailleurs, nous voyions d’autres choses et ce sont ces choses que nous aimions, celles-ci qui nous intéressaient et nous poussaient à regarder encore ailleurs pour aimer encore plus de choses, mais déjà nous étions loin de nos accusateurs.

  Parce que nous prenions les chemins de traverse, parce que nous pouvions délaisser certains chemins parce que nous les trouvions trop fréquentés ou mal, certains pensaient que nous n’allions nulle part, parce que nous arrivions quelquefois dans des endroits où il n’y avait plus personne ou pas encore quelqu’un, parce que nous ne suivions pas de guide, certains nous pensaient perdus. Parce que pour nous, un chef d’œuvre reconnu pouvait ne pas être un chef d’œuvre, parce qu’un film inconnu pouvait en être un, parce que nous pensions qu’un grand réalisateur pouvait ne pas plaire à tout le monde et qu’un réalisateur qui plaisait à tout le monde pouvait ne pas être un grand réalisateur, parce que nous pouvions avoir raison contre tous et avoir tort aussi, certains nous pensaient de mauvaise foi.

  Parce que nous pensions que le cinéma est un art fait d’essai, certains pensaient que nous nous prenions au sérieux. Parce que nous ne voulions pas d’un cinéma fait par des industriels, certains pensaient que nous n’étions pas sérieux.

  Pourtant, pour cela, malgré cela, le cinéma faisait parti de nos vies, faisait nos vies quelquefois. Au cinéma, comme dans nos vies, nous avons aimé, nous avons détesté. Nous avons espéré, attendu, patienté. Nous avons été intéressé, proche, concerné. Nous avons rencontré des gens, nous en avons quitté quand leur chemin s’éloignait du notre, quand certains allaient travailler pour l’usine hollywoodienne, nous en avons perdu d’autres de vue, certains sont partis définitivement mais le cinéma est plus fort que la vie, la trace de ces rencontres reste, imprimée quelque part, disponible, nous laissant seulement regretter que la disparition d’un être marque la fin d’un regard, d’un don, d’une œuvre, nous laissant présager que notre propre disparition marquera aussi la disparition d’un regard…

  Comme nous refusions de suivre le chemin tracé d’avance dans le grand livre de la vie, comme nous combattions les « il faut faire comme ça », comme nous alliions rigueur et fantaisie, comme nous décidions que la norme n’était pas légitime, comme nous pensions que l’inutile nous sauve de l’utile, nous aimions le cinéma. Comme ce que nous pensions, nous le pensons encore et toujours, il ne reste plus grand chose à dire, ni à faire, sinon continuer. Continuer à vivre, continuer à regarder ailleurs, continuer à aimer et continuer à espérer que quelques regards empêchent toujours le cinéma de devenir une industrie, de n’être plus qu’une industrie qui quitterai nos vie comme les ouvriers des frères Lumières quittaient autrefois leur usine.

 

Dédié à Joao-César Monteiro...

Par hurtebis - Publié dans : Critiques et Opinions
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